Le port  - 2 - 
Le nouveaux port 








On peut voir sur cette photographie la jetée-abri, les deux épis et l'entrée du nouveau port de Sousse
(CPA PS n°5 - Coll. Ch. Attard)





Un port fonctionnel permettant l'accostage de gros transports était donc indispensable au bon développement de la ville. Il était réclamé aussi bien par les instances de la ville que par la commission nautique qui fut instaurée pour étudier le développement des ports de la Régence.
D'importants travaux de dragage furent entrepris par la Compagnie des ports de Tunis, Sousse et Sfax constituée à cet effet au tout début des années 1890 et qui prit la suite des concessionnaires Duparchy et Préault.

Commencés en même temps que les travaux des ports de Tunis  et de Sfax, ceux de Sousse prirent plus de temps car de nombreuses difficultés se présentèrent. 
Déjà en 1893, l'Administration des Travaux publics avait tenté d'établir une jetée sans grand succès. La mer, souvent démontée, ne rendait pas l'ouvrage facile. Il était donc nécessaire de construire épis et jetée de protection de la rade et ce avec un énorme cubage de bloc de pierre et de terre. 



Action de la Compagnie des ports de Tunis, Sousse et Sfax.
(Coll. Ch. Attard)








Par contrat, la pierre devait être acheminée des carrières de Takrouna, non loin d'Enfidaville vers Sousse. Ce tronçon ferroviaire des carrières à Enfidaville devait être construit par la compagnie des Ports. Puis à Enfidaville, les pierres devaient être chargées sur les wagons d'une ligne que la compagnie Bone-Guelma s'était engagée à mettre en exploitation en avril 1895 et qui devait relier Enfidaville à Sousse. Aucune des deux compagnies ne tint ses délais et les travaux du port furent repoussés de 1895 à 1896.











Les matériaux furent alors acheminés d' Herkla et de Bou-Djaffour à Sousse par charrois ou par mer. Une grue de vingt tonnes montée sur rail plaçait enfin les blocs de pierre formant la jetée. 
Les ingénieurs Demange et Bailly supervisèrent l'ensemble des travaux qui permirent de dégager un bassin représentant à la fin des opérations en 1898-99 près de 800 m de nouveaux quais ( 650m de long sur 400 de large), 28 hectares de surface dont 17 dragués à la côte de - 6m50. 
Une jetée abri longue de 745 m avec un enracinement de 320 m protégeait deux autres épis longs de 256m pour l'épi Nord et  370 m pour l'épi Sud entre lesquelles était ménagée une passe pour les navires entrant et sortant de 70 m de large et d'une profondeur de 6m 50. Une digue de 288m reliait l'épi Sud à la terre. Le quai Nord, côté Douane avait maintenant 424m de long.








Le quai Nord
(CPA ND PS n°2 - Coll. Ch. Attard)






Sur cette zone 77 000 m2 de terrain furent créés dont  3414m2 furent couverts par des hangars. Côté Sud 14 061 m2 furent attribués au traitement des phosphates et minerais divers.
Enfin, plus de 500.000 m3 de remblais supplémentaires furent nécessaires pour gagner une bande de terrain d'une largeur de 120 m qui permit devant les remparts la construction de nombreux bâtiments et le passage de la prolongation de la ligne de chemin de fer vers Sfax. Pour cela les vieux bordjs de Bab-el-Bahr et de Bab-Djedid furent démolis.
Trois kilomètres de voies ferrées de quais furent aussi placés et permirent la jonction de ces quais avec la ligne de chemin de fer existante. Éclairages, feux de ports, grues, bouches d'alimentation en eau potable... rien ne fut oublié.








Une goélette de transport fait escale à Sousse.
(CPA ND photo n°82 - Coll. Ch. Attard)






Le coût global de ces travaux fut estimé à l'époque à près de cinq millions de francs.
Le nouveau port fut finalement solennellement  inauguré le 25 avril 1899 par M. Krantz, ministre des Travaux publics et en présence de M. Legrand, sous-secrétaire d'État au Ministère de l'Intérieur, de M. Mougeot sous-secrétaire d'État  des Postes et Télégraphes et de M. Millet, résident général de la République française à Tunis. Un vin d'honneur succéda à cette inauguration et plus de 6500 personnes y furent conviées.  Un banquet offert par la compagnie des ports clôturait la journée.








Dès 1899, les gros transports peuvent s'amarrer au plus près de la ville.
(CPA ND photo n°82 - Coll. Ch. Attard)






Dès sa mise en service, le trafic portuaire doubla pratiquement passant de 41 000 tonnes en 1896 à 80 700 tonnes en 1898-99. Le nombre des passagers était annuellement de près de 8 000 personnes. 
Félix Marini, un corse fut capitaine de port.








le transport Mascara de Rouen
(CPA ND photo n°16 - Coll. Ch. Attard)