Le musée de la Kasbah

Intérieur du musée de la Kasbah, inauguré en 1951
(CPA - Coll. Ch. Attard)

Le mérite de l'installation de ce très riche musée revient à Alexis  Truillot qui aidé de M. Cintas, M. Martignon, du Dr Gobert, de M. Georges Fruille et, lorsqu'il était curé de Sousse, du futur archevêque d'Alger Mgr Leynaud mirent à jour bon nombre des pièces exposées. Alexis Truillot en fut le premier conservateur, suivi de M. Louis Foucher, professeur de littérature, installé à Sousse en 1946. Ces hommes eurent très vite conscience qu'il fallait sans tarder sauvegarder le patrimoine de la ville mis à mal par la guerre, ses destructions et ses pillages.
Ils regroupèrent après guerre en ce seul lieu les collections dispersées avant guerre à la fois dans l'église Notre-Dame, l'hôtel de ville, la salle d'honneur du 4ème  tirailleurs et les différents squares de la ville.

La grande majorité des pièces exposées ici proviennent de découvertes effectuées à Sousse même ou dans sa proche campagne. Lors de creusement de fondations, de déblaiements avant culture, il n'était pas rare de voir apparaître mosaïques et sculptures antiques.
Le visiteur émerveillé admire stèles, poteries puniques, ex-voto, des mosaïques et des sculptures romaines et des carreaux de terres cuites d'époque byzantine. 
Sont aussi exposés mobilier funéraire et inscriptions provenant des catacombes de Sousse. 

Parmi les plus prestigieuses pièces : 
une mosaïque représentant une "Tête de Méduse" du milieu IIème siècle qui ornait les thermes romains.
Elle fut découverte à Dar Zmela.

 "Triomphe de Bacchus " sur les forces du mal. (début du IIIème siècel)
Cette mosaïque fut trouvée dans l'arsenal de la ville.

"Zeus enlevant Ganymède". Trouvée comme le Bacchus dans l'arsenal de Sousse. 
Le musée possède une seconde mosaïque sur le même thème.

Abdeljelil Bouraoui,  président de l’Association de sauvegarde de la Médina de Sousse rappelait le rôle primordial de M. Foucher dans la sauvegarde des antiquités de la ville, mais il signalait aussi le travail d' André lézine, Hassen Hosni Abdelwahab, Mustapha Slimène Zbiss.
Hédi Slim , directeur de recherche à l’Institut national du patrimoine de Tunis écrit dans le magazine "Antiquités africaines" à propos de Louis Foucher : "Il entreprit des fouilles de sauvegarde notamment à Themétra (Chott Mariem), Salacta, Zéramdine, Sidi El Hani, Touza, Menzel Harb, Bouhjar, Uzitta, Lemta et surtout El Jem où la multiplication, dès les premiers jours de l’Indépendance, des travaux d’urbanisme et d’aménagements territoriaux menés à grande échelle par des chantiers d’assistance sociale avaient provoqué la mise à jour de nombreux vestiges d’époque punique et romaine"
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