Le 4e Régiment de tirailleurs tunisiens. (4e RTT) 
(1939-1945)

Tirailleurs tunisiens en 1940
(Source journal "L'illustration" n°spécial - L'empire français dans la guerre - mai 1940 - Col. Ch. Attard)

 La défaite 1939

En février 1939, le 4e R.T.T. quitte ses différentes garnisons. Le bataillon de Sousse lui aussi envoie donc ses hommes sur la ligne Mareth où il demeurera de du 21 février au 18 juin 1939.

Prise d'armes sur la ligne Mareth.

Il est à nouveau mobilisé à Sousse fin août 1939 et rejoint la ligne Mareth où il demeure jusqu'au 8 novembre. Puis prendra différents stationnements à Kettara, Zrig, El Guettar. Devant l’évolution dramatique du conflit en métropole, le 29 mai 1940, le 4e R.T.T. embarqua à Bizerte à bord du De Grasse pour la France, il débarque à Marseille pour prendre la direction de la Brie et de l'OIse accompagné du 8e RTT. Ces deux régiments participèrent à la ligne de défense des points de passage sur l’Oise où ils subiront de très lourdes pertes. Au cours de la retraite des armées françaises, le 4e R.T.T. perdit 90% de ses effectifs les 15 et 16 juin à Ablis. 

Regroupé dans la région de Bergerac, les rescapés rentrent vers Marseille le 27 aout. Rentré en Tunisie, le régiment est dissous le 5 septembre 1940. Fin septembre, il est reconstitué avec 3 bataillons (le 1er à Kairouan et Gabès, le 2èeme au Kef et le 3ème à Sousse).

C’est pour honorer la mémoire des hommes du 4ème régiment de Tirailleurs tunisiens, européens et musulmans, héroïques victimes d’un combat inégal et sans issue, qu’a été inaugurée à Ablis une plaque commémorative au monument aux morts communal.
source : http://pagesperso-orange.fr/memoire78/pages/debacle.html

 La bataille de Tunisie (1942-1943)

Le 10 novembre 1942, le 4e R.T.T. quitta ses garnisons pour se reporter sur la dorsale tunisienne en exécution des mesures de défense de la Tunisie. Le 1/4 quittera la région de Gafsa, où il s’était rassemblé, pour organiser la défense de la trouée de Tébessa, puis tenir ensuite avec succès le secteur Kessera- Pichon lors de l’offensive allemande de janvier 1943. Le 2/4 tint Testour et Sloughia et empêcha les allemands de franchir la Medjerda. Après avoir été relevé par les Anglais, il prit position sur le djebel Mansour où, le 18 janvier il subit de lourdes pertes lors de l’attaque allemande. Après ces farouches combats, il rejoignit les autres bataillons du régiment en Algérie. Le 3/4, initialement dans le secteur de l’oued Kebir, y réussit un très beau coup de main. Relevé, il alla occuper Medjez-el-Bab, où, quotidiennement assailli, il conserva ce poste essentiel. Il sera retiré du front le 15 février 1943. Stationné dans la région de Youks-les- Bains, le 4e R.T.T. sera le premier régiment à recevoir l’armement américain, après avoir été reconstitué avec les éléments du 16e R.T.T. qui venait d’être dissous.

 La campagne d'Italie (août 1943-juin 1944)

Après la libération de la Tunisie, faisant suite à la capitulation des forces germano-italiennes le 13 mai 1943, le nouveau 4e R.T.T., intégré dans la 3e Division d’infanterie algérienne (D.I.A.) du général De Montsabert (à partir de décembre 1943), va participer à toutes les opérations qui conduiront la division de Naples à Stuttgart. 

Joseph de Goislard de Monsabert

Jean De Lattre 
de Tassigny.

Débarqué à Naples entre le 26 et 29 décembre 1943, le 4e RTT s’illustra tout d’abord lors de la bataille du Monte Cassino qui s’engagea le 21 janvier 1944, en s’emparant des hauteurs du Belvédère. Au cours de ce haut fait d’armes qui dura du 25 janvier au 23 février 1944, les diverses compagnies engagées atteignirent tous les objectifs qui leur avaient été assignés, sous un feu très dense et parfois dans des conditions dramatiques. 

Le Colonel Roux en 1926.

Le Général Paul Gandoët

Il fut tué le 27 janvier 1944 par un éclat de mine après s'être libéré de ses gardiens allemands. En décembre 1943, il débarque en Italie à la tête du 3e Bataillon du 4e Régiment de tirailleurs tunisiens. Il s’illustre alors en résistant héroïquement avec ses tirailleurs pendant plus de 10 jours lors des célèbres combats du Belvédère. Blessé, il est rapatrié en Algérie.
Le régiment y perdit : 14 officiers (dont le colonel Roux, commandant le régiment) et 197 hommes ; 5 officiers et 70 hommes disparus ; 19 officiers et 1073 hommes blessés, soit les deux tiers de l’effectif engagé. 

Les tirailleurs traversent Naples, dévasté par les bombardement alliés. 
En dépit de leur équipement américain, ils ont gardé le bon vieux casque Adrian !

Le Corps Expéditionnaire Français, dont faisait partie la 3e D.I.A. avait eu en face de lui 44% des forces allemandes engagées et avait fait 1 200 prisonniers. Après avoir participé à la percée de la ligne Hitler (19 - 25 mai 1944), puis à l’enlèvement de la ligne Frieda (10-26 juin), les premiers éléments du 4e R.T.T. pénétrèrent dans Sienne le 2 juillet. Pour la 3e D.I.A., la campagne d’Italie était terminée car elle était désignée pour faire partie du premier échelon des troupes devant débarquer en Provence, sous le commandement du général de Lattre de Tassigny.
 La campagne d'Allemagne (août 1944-mai 1945)

Le 4e R.T.T. débarqua dans la région de Saint-Tropez le 25 août 1944 et, à travers Alpes et Jura, il remonta vers le Nord pour établir le contact avec l’ennemi qui s’était ressaisi, vers Beaume-les-Dames, le 5 septembre. Pendant deux mois le 4e R.T.T. , remontant la vallée de la Moselotte, allait, malgré la résistance acharnée des Allemands, s’emparer de tous les objectifs qui lui avaient été fixés. Le 1er bataillon du 4e R.T.T. prit position le 6 décembre au sommet du Honeck, dans les Vosges, où, dans des conditions climatiques extrêmes (froid, vent, neige, brouillard) et face aux offensives continuelles de l’ennemi, il tint la position jusqu’au 14, les Allemands rassemblant alors 50 prisonniers tous plus ou moins blessés

Les tirailleurs dans les Vosges, hiver 1944. 
(dessin de R. Jouanneau-Irriera)

Pendant ce temps, et jusqu’au 18 janvier 1945, le reste du 4e R.T.T. livra de pénibles combats dans le cadre de la bataille d’Alsace (prise d’Orbey et de Faing, défense de Strasbourg). Après la bataille de Colmar, le 4e R.T.T. participa à la reconquête de l’Alsace, et le 19 mars, le 2/4 traversant la rivière Lauter, eut la gloire d’être la première unité de l’armée française à fouler le sol allemand. Après franchissement du Rhin le 24 avril, la progression vers l’est est entamée et, après la prise de Pforzheim et Stuttgart, ne s’arrêtera qu’avec la capitulation de l’Allemagne. 
Le 14 juIllet, le 4e défile à Paris, place de la nation. En août le Bey félicite le général Chevillon au cours d'une visite à Kaiserslautern.

A partir de juin 1946, le régiment quittera l'Allemagne, il s'embarque à Marseille le 29 et sera enfin en Tunisie le lendemain. Cette glorieuse épopée fut, hélas ! jalonnée par les tombes des 1 009 officiers, sous-officiers et tirailleurs morts pour la libération de la France. Suite à la Seconde Guerre Mondiale, 4 palmes et l’olive se sont ajoutées aux couleurs de la médaille militaire sur le drapeau du 4e R.T.T.

Le 1er octobre 1946, 1e régiment devient la 4e demi-brigade de tirailleurs tunisiens. Il est renforcé par le 1er bataillon du 1er Régiment étranger d'infanterie et constitue la 21e demi-brigade du Groupe d'intervention n°21.